L’ecriture
L’idée principale est de se fonder sur la Rédaction à Usage Monographique que j’ai élaborée au cours de ma thèse : à partir des textes initiaux, réquisitoire, lettres administratives, journaux, témoignages et journaux personnels, procès verbaux et brochure publicitaire, les faits ont été reconstitués. Les écrits donnent à lire les écarts entre le projet novateur d’une institution éducative aux méthodes nouvelles et les réquisitions et jugements des coupables de malversations et de violence à enfants. Les écrits sont riches, parlent eux-mêmes, témoignent des attitudes et des représentations à l’encontre des enfants assistés, issus de l’administration pénitentiaire ou/et nécessitant des soins psychiatriques. Ce procédé d’écriture laisse au lecteur qu’il soit savant ou profane la possibilité de juger lui-même, d’élaborer sa propre vision des faits et de se construire sa représentation critique de ces moments de l’histoire du Morvan et de la prise en charge des enfants en France au début du vingtième siècle. C’est à partir de ce texte que les auteurs vont construire leur projet de théâtre, la trame narrative étant déjà constitutive de la trame historique.
Note d’intention Nous comptons donc écrire un texte où les enfants seront les protagonistes de l’Histoire des Vermireaux avec un petit groupe d’adultes. Nous imaginons donc une pièce avec une bonne vingtaine de personnages dont quatre adultes :Madame et Monsieur Soliveau, propriétaires ;Monsieur Landrin, sous-inspecteur de l’Assistance publique des départements de la Seine et Marne et de la Seine et Oise ;Mathieu Tamet, directeur de l’agence des enfants assistés du département de la Seine à Avallon qui a rendu compte au quotidien au travers de son journal des évènements de l’époque ;Gabriel Latouche, journaliste à L’Eclair.Ce sont les personnages qui vont nous conduire vers la dramaturgie. Nous ne savons si à ce jour, nous pourrons raconter le procès ou si la pièce s’achèvera avant le jugement. Ce qui importe est de mettre en avant l’insensé parcours de ces jeunes démunis devant les atrocités qui leur sont infligées par des notables de la Région et qui ont mis en place un système commercial pour vivre de belle manière malgré les atrocités qu’ils leur feront subir. L’enfant était devenu une sorte de monnaie d’échange, on le prêtait, on le louait, on l’exploitait, on le violait, et ce système fonctionnait comme sur des roulettes jusqu’au jour où, après de quelques révoltes réprouvées de manière violente ou par de cruels chantages, un procureur éclairé, Monsieur Grébault, attacha plus d’importance aux témoignages des enfants qu’aux propriétaires des Vermiraux Nous connaissons tous la barbarie qui ravage les hommes dans les guerres ou dans des cas isolés, mais cette affaire des Vermiraux en est un exemple flagrant d’autant qu’elle s’érige comme un système. Elle nous révèle que l’enfant n’est toujours pas à l’abri d’une quelconque exploitation. C’est de cette manière que nous souhaitons aborder cette histoire, la rendre actuelle et universelle sans pour autant changer les époques ou les lieux.
juin 12th, 2010 at 05:50
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